La soirée du 12 mai 2026, à Institut français du Cameroun, antenne de Douala, a été marquée par l’ouverture officielle du Festival international du film de Douala, DIFF (Douala International Film Festival), pour sa première édition. Cette ouverture a rassemblé plusieurs personnalités administratives, tel que Roger Mbassa Ndine, super maire de la ville de Douala, ainsi que des autorités traditionnelles et patriarches comme Valère Epee et Prince Mkuma Ndoumbe III.

Le festival s’est ouvert sur des sonorités locales, notamment sawa, avant de se poursuivre avec l’allocution du directeur de l’Institut français du Cameroun, antenne de Douala, Marc Monsallier. Ensuite, le mot de bienvenue officiel a été prononcé par le promoteur du festival, Patrick Epape, qui a présenté le DIFF, les raisons de sa création ainsi que ses objectifs. Le promoteur a tenu, avant tout, à rendre hommage au cinéaste camerounais Bassek Ba Kobhio, fondateur du festival Écrans Noirs. Il a conclu son intervention en s’engageant à défendre et poursuivre le travail de son père, considéré comme un modèle de cinéaste engagé.
Le lancement du festival s’est poursuivi avec la projection de deux films, un court métrage de 6 minutes et un long métrage documentaire de 99 min. Le court métrage, réalisé par Christine Dikongué, s’intitule Sous le soleil du Nkwat. Le second film, Rivière des Crevettes, est une œuvre documentaire réalisée par Patrick Epape.
En seulement six minutes, Sous le soleil du Nkwat plonge le public dans une tension émotionnelle portée par deux personnages liés par un amour de jeunesse. Le récit révèle progressivement le double jeu du conjoint, partagé entre masque et duplicité, alors que sa compagne enceinte s’apprête à partir pour le Canada. Le film se termine sur une incompréhension volontairement laissée ouverte, suscitant chez le spectateur le désir d’une suite.

À travers Rivière des Crevettes, Patrick Epape entraîne le public dans un voyage vers les origines lointaines d’une communauté dont l’histoire remonte à une petite île appelée Jebalé. À partir de témoignages et de récits oraux, le documentaire restitue l’histoire de cette communauté depuis ses racines, loin des clichés réducteurs hérités du regard occidental. Rivière des Crevettes apparaît ici comme un voile laissant transparaître une perception longtemps orientée par l’imaginaire colonial. Le film ouvre alors sur une mémoire enfouie dans les racines de la mangrove, dans les eaux et dans les mythes fondateurs de cette communauté.


Le festival se poursuivra jusqu’au 17 mai 2026. Durant cette période, plusieurs activités seront organisées entre l’Institut français du Cameroun, le cinéma EDEN et Université de Douala: projections, discussions, conférences-débats et master class.
Mais alors, qu’est-ce que le DIFF et pourquoi ce festival est-il important pour la ville de Douala ?
Le Douala International Film Festival (DIFF), initiative portée par l’association Ciné-People’s, est placé sous le thème « Les talents mis en lumière pour renforcer la cohésion des peuples ». Ce festival célèbre le cinéma comme un médium capable de raconter le passé, de questionner le présent et de se projeter vers le futur à travers la création. Il constitue également un espace de rencontre, de partage et d’accompagnement des jeunes talents qui formeront le cinéma de demain.
Former ce vivier de demain revient aussi à comprendre le contexte local afin de développer un cinéma singulier, capable de se démarquer des autres productions. Douala, ville cosmopolite marquée par le foisonnement de cultures venues de différents horizons, joue ici le rôle d’un véritable laboratoire culturel. À travers les masters class, les ateliers consacrés à l’écriture des sciences humaines et sociales par le film documentaire, les workshops, les projections, les animations et les Awards de clôture, le DIFF entend créer un espace de réflexion et de transmission autour du cinéma africain contemporain.
Le Douala International Film Festival apparaît ainsi comme un espace où le cinéma devient un langage commun capable de relier les humains, les participants et les cultures, dans une expérience fondée sur le partage des différences.






Digeste l’article. Ça restitue bien le déroulé de ‘a soirée